Auteur : Bertrand Emery

Itinéraire de compositeurs

Devenir compositeur, c’est une histoire d’amour. Et parfois d’un amour scellé par celui de la musique. Né dans une famille de mélomanes et attiré très jeune par la guitare, Olivier Mayran de Chamisso a appris tout seul à jouer de cet instrument, en écoutant les disques de guitaristes comme Alirio Diaz, Andrés Ségovia, Narciso Yepes, ou encore Alexandre Lagoya… Carole, pour sa part, a bénéficié des leçons d’une tante pianiste concertiste, suivi les cours du conservatoire national de région (CNR) de Strasbourg et fini par décrocher… un diplôme d’ingénieur agronome, avant de revenir à la musique. À la fin des années 70, leurs chemins convergent et se croisent au CNR de Versailles, où ils fréquentent le même cours d’harmonie. « Les élèves composaient et le professeur jouait leurs compositions, raconte Olivier. Carole et moi avons réciproquement été séduits par nos travaux. C’était le début d’une harmonie conjugale… » … Et d’une œuvre aussi diverse que féconde. Leur inspiration s’inscrit dans le sillage des grands compositeurs romantiques, mais ils adaptent aussi des mélodies originales à la World music et aux rythmes actuels (jazz, bossanova, blues, rock, disco, raï)… A ce jour, près de 45 partitions ont été éditées sous leur nom, chez Combre, Billaudot, Schott frères… Ils viennent de publier chez Delatour un cahier intitulé « Le piano à la carte », auquel leur fils Fabrice a également collaboré. En outre, trois opus...

Read More

Main basse sur les Congés-Spectacles ?

Elle court, elle court, la rumeur. A l’en croire, le groupe de protection sociale Audiens serait sur le point de se voir confier les congés spectacles. Interrogé par Profession Spectacle, Audiens confirme que « la question est d’actualité mais qu’elle est toujours en discussion, sans être pour le moment tranchée ». Les congés payés des professionnels du spectacle, artistes et techniciens qui ne sont pas salariés par un employeur déterminé, sont pour l’instant gérés par la Caisse des congés spectacles, association d’employeurs régie par la loi de 1901. Les entrepreneurs de spectacles, sociétés de production cinématographique, de production et de communication audiovisuelles sont tenues d’y adhérer et de lui verser les cotisations ouvrant droit pour les salariés aux congés payés. La Caisse verse ensuite au salarié l’indemnité à laquelle il a droit. La gestion des congés-spectacles avait été mise en cause en 2008 par un rapport de la Cour des comptes qui avait fait état d’une série de fraudes commises au préjudice des salariés, et une enquête avait été ouverte par le Parquet de Paris. Certains syndicats, comme la CGT, avaient alors réclamé une « gestion paritaire » de la Caisse, tandis que la Cour des comptes elle-même préconisait sa suppression pure et simple. Au-delà de la correction des errements passés, quelle efficacité supplémentaire apporterait Audiens ? Le système actuel présente l’avantage de la simplicité : l’employeur verse, l’employé reçoit....

Read More

La SACD défend le droit d’auteur « à la française »

Héritière de la première société d’auteurs créée en 1777 par Beaumarchais, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) a pour premier objet la perception et la répartition des droits d’auteur, sur un répertoire englobant tout le spectacle vivant de fiction et l’audiovisuel. Les droits d’auteurs sont calculés et répartis entre les auteurs, qui possèdent chacun un compte propre, en fonction d’un pourcentage prélevé sur les recettes du spectacle, son prix de vente ou un minimum garanti. Le Conseil d’administration, composé d’auteurs élus pour trois ans en assemblée générale, oriente la philosophie générale de la Société vers l’entraide et le mutualisme. Ainsi gérée par des auteurs pour des auteurs, la SACD se trouve aujourd’hui en première ligne pour défendre, dans sa di- mension éthique, la conception française du droit d’auteur, qui s’oppose au principe anglo-saxon du copyright. En droit anglo-saxon, le producteur qui achète l’œuvre en a l’entière pro- priété et peut en faire ce qu’il veut. En France, au contraire, son créateur garde un droit sur l’œuvre – droit moral– même s’il cède ses droits à une maison de production. Il conserve ainsi un droit de regard sur le traitement de son œuvre et peut s’opposer à ce qu’elle soit dénaturée. Le maintien de cette « exception française », et même européenne si l’on excepte les pays anglo-saxon, doit beaucoup aux efforts déployés en ce sens, dans les années 2000, par Pascal Rogard, Directeur général de la SACD. Un deuxième objet de l’action de...

Read More

Catégories