L’impact économique du festival des Vieilles Charrues à Carhaix en Bretagne a été précisément mesuré. Résultat : le festival génère d’importants flux financiers ainsi que des emplois. Profession Spectacle vous donne le détail de cette réussite qui profite à tous.

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La dernière étude sur l’impact économique des Vieilles Charrues datait de 2001. Dix ans après, à l’occasion de son vingtième anniversaire, l’association qui organise le festival a voulu savoir avec précision quelles étaient les retombées économiques. La société rennaise GECE a scruté les comptes et réalisé une étude.

Le résultat nous en apprend beaucoup sur la masse financière que représente un tel festival, mais également sur son impact économique dans les communes alentours et plus généralement sur la région, en termes de richesse mais aussi d’emplois.

65 emplois à temps plein.

Ainsi, on apprend qu’en 2011, l’organisation du festival génère 65 emplois à temps plein, dont 35 directement créés par l’association des Vieilles Charrues pour l’accueil des festivaliers, la programmation, les techniciens, la communication… (CDI, CDD, Intermittents).

Les autres sont la conséquence de cet immense événement. Ils ont notamment été réalisés dans les différents commerces de la ville ainsi que parmi les entreprises locales, qui se sont adaptés pour recevoir les plus de 100 000 festivaliers chaque été.

Les retombées économiques

L’étude est encore plus précise sur les comportements des festivaliers. Ainsi, un participant au festival dépense 136,90 € (dépenses sur place et entrée du festival comprise). Il achète 83,60 € son entrée en moyenne et dépense 53,30 € durant le festival (32 € sur le site et 21,30 € en dehors du site).

Résultat au terme des quatre jours, la billetterie rapporte aux organisateurs 8,9 millions d’euros, la restauration sur place 3,2 millions d’euros puis les diverses dépenses dans les commerces de la ville 2,1 millions d’euros. Si, à tout cela, on ajoute les sommes versées par les partenaires et les divers mécènes, on arrive à la somme totale de 14,1 millions d’euros.

Les festivaliers, une manne pour le festival et les communes alentours

Ce sont au total 4,3 millions d’euros de bénéfices qui ont été engendrés et injectés dans l’économie locale lors de l’édition 2011. D’où vient cet argent? D’abord du public : plus de 200 000 personnes viennent fouler les champs du festival durant les quatre jours. En enlevant les 9 % de personnes qui vivent à proximité immédiate et qui viennent assister aux concerts, 63 % sont des Bretons, et 29 % viennent de plus loin encore. Ces deux dernières catégories dépensent ainsi de l’argent, directement injecté dans l’économie locale.

L’effet boule de neige

C’est sans doute le plus dur à quantifier. Il s’agit de l’impact économique à plus long terme. Pour le calculer, le cabinet d’étude estime qu’il faut multiplier l’impact immédiat par un coefficient compris entre 1,2 et 1,8. Résultat, quelques années après une édition, ce sont donc entre 9 et 12 millions d’euros qui ont été générés.

Attention, tout ne profite pas au tissu ultra local. Sur cette manne globale, 9,8 millions d’euros s’évaporent du territoire régional. Cette somme sert à régler les cachets des artistes (3,3 millions), les frais d’organisation (2,9 millions) ou encore les impôts et les charges (2,1 millions).

Une fois les calculs effectués, l’association n’a apporté que 2,7 millions d’euros aux entreprises locales. Pour les organisateurs, c’est une déception. Mais cette étude va permettre de faire plus attention et de réaliser encore davantage d’efforts à destination de ce tissu local.

Jacques GUILLOUX